30 janvier 2008
Vidéo
S. Pinel - députée PRG
29 janvier 2008
Nombre de Conseillers Municipaux par Commune
Nombre de Conseillers Municipaux par Commune
Il est fonction du nombre d’habitants de la ville ou de la commune
Moins de 99 habitants 09 Conseillers Municipaux
De 100 à 3 499 habitants 23 ex : Brem sur Mer-Loué- Camors-Rouillon
3 500 à 4 999 27 Carnac-Val d’Ajol-Vimoutiers-Deauville-Souillac-Volvic
5 000 à 9 999 29 Gueugnon-Redon-Ste Luce-Segré-Clisson-Lutterbach-Mulsanne-Rungis-Noirmoutier-en-l’Ile
10 000 à 19 999 33 Cognac-Givors-Mayenne-Vendôme-Royan-Fontainebleau-Lourdes-Bayeux-Vire-SabléSarthe-Pornic-Sarlat-Chamonix-Fontenay-le-Comte
20 000 à 29 999 35 Cahors- Saint-Lô-Sedan-Auch-Malakoff-Saintes-Rochefort-Carpentras-Rambouillet-Cherbourg-Orly
30 000 à 39 999 39 Franconville-Liévin- Roanne-Agen-Gap-Bastia-Corbeil-Melun-Gagny-Les Mureaux-Biarritz
40 000 à 49 999 43 Chartres-Mantes-La Jolie-St-Herblain-Villejuif-Tarbes-Narbonne-Angoulême- Carcassonne-Bayonne
50 000 à 59 999 45 Cholet-Niort-Ajaccio-Evry-Brive la G.-St Malo- La Roche/Yon-Cayenne-Meaux
60 000 à 79 999 49 Antibes-Béziers-Bourges-Cannes-St-Nazaire
80 000 à 99 999 53 Avignon-Tourcoing-Versailles-La Rochelle-Pau-Créteil-Roubaix-Fort de France-Montreuil
100.000 à 149 999 55 Amiens-Caen-Nancy-Rouen-Mulhouse-Nîme-Limoge-Clermont-Ferrand-Aix Prov.-Tours-St Denis-Metz-Villeurbanne-Besançon-Orléans-Perpignan- Boulogne Bill.
150 000 à 199 999 59 Grenoble-Saint-Etienne-Le Mans-Angers -Brest-Lille-Reims-Le Havre-Dijon-Toulon
200 000 à 249 999 61 Rennes-Bordeaux-Montpellier—Le Havre
250 000 à 299 999 65 Nantes-Strasbourg
Plus de 300 000 h 69 Nice-Toulouse
Villes divisées en arrondissements :
Lyon (453 187)
Marseille (807 071)
Paris (2 147 857)
Sources :
http://www.radiofrance.fr/franceinter/
Lexilogos (recensement 1999)
NB : villes, communes : non exhaustives
28 janvier 2008
Comment sont élus les conseillers municipaux ?
MUNICIPALES :
comment sont élus les Conseillers municipaux ?
Le mode de scrutin aux Municipales varie selon l'importance de la commune.
Pour les communes de moins de 2 500 habitants
Candidatures sur liste (complète ou incomplète) ou individuelles
L’électeur peut rayer des noms, modifier l’ordre de la liste ou ajouter des noms de son choix.
Pour les communes de 2 500 à 3 500 habitants
Candidatures exclusivement sur liste. Pas de candidature individuelle. Liste complète obligatoire (elle comporte autant de noms que de postes à pourvoir).
L’électeur peut rayer des noms, en ajouter, panacher plusieurs listes sur un seul bulletin, déposer un bulletin incomplet dans l’urne, sans que le vote soit nul.
Scrutin majoritaire à deux tours. Sont élus au 1er tour les candidats ayant réuni 50% des suffrages et au moins 25% des inscrits.
On peut être candidat au 2e tour sans l’avoir été au 1er.
Les listes peuvent être fusionnées ou modifiées.
Sont élus au 2e tour ceux qui arrivent en tête du scrutin dans la limite des postes à pourvoir.
Pour les communes de plus de 3500 habitants.
L'élection se déroule au scrutin majoritaire de liste à deux tours mais selon un système combinant scrutin majoritaire et scrutin proportionnel.
Listes obligatoires. L’électeur ne peut les modifier, sous peine de nullité (le panachage est interdit).
Par ailleurs, la loi du 6 juin 2000 visant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux s'applique. Ainsi, sur les listes, l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un. Chaque groupe entier de six candidats doit comporter un nombre égal d'hommes et de femmes. Les listes doivent être composées selon l’alternance un homme, une femme (ou vice-versa).
Au premier tour, si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (plus de 50% des voix), elle obtient 50% des sièges. Les autres sièges sont répartis entre toutes les listes (y compris la liste majoritaire) ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés, en proportion du nombre de suffrages obtenus.
Sinon, il est procédé à un second tour.
Pour le second tour, seules les listes ayant obtenu au moins 10% des voix au 1er tour peuvent se maintenir.
Les listes ayant obtenu au moins 5% peuvent toutefois fusionner avec une liste ayant obtenu plus de 10%.
La liste qui obtient le meilleur résultat obtient 50% des sièges. Enfin, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés.
Election du Maire par le Conseil Municipal
Au complet, les nouveaux conseillers municipaux élus pour administrer la commune, se réunissent le vendredi, le samedi ou le dimanche qui suivent le scrutin pour élire son maire et ses adjoints.
Nouveau : autant de femmes que d’hommes parmi les adjoints.
Les conseillers municipaux sont élus au suffrage universel direct pour 6 ans.
SOURCES :
http://www.radiofrance.fr/franceinter/
27 janvier 2008
La touche Radicale aux Municipales 2008
Mon mimosa actuel
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Projets d’accords
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Municipales-Cantonales 2008
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Avec les radicaux valoisiens, dès lors qu’ils augurent la perspective d’un profond changement et la non-renonciation aux valeurs du radicalisme de Gauche.
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Avec des écologistes ou des centristes de Gauche, dès lors qu’ils contribuent à revigorer le radicalisme de Gauche, ceux-ci ne sont pas exclus, car le radicalisme de Gauche est insoluble dans le jacuzzi de conservatisme faussement libéral du Président Sarkozy.
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Et n’entendent pas être les supplétifs d’une caduque « nouvelle Gauche », car en France la solidarité de la réforme est mieux acceptée que la vieille lune de l’imposition fiscale de la sociale démocratie.
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Mais, alliés loyales et respectés d’un socialisme novateur et porteur d’espérances, ils n’entendent pas moins garder leur indépendance à Gauche, en y apportant leurs valeurs réalistes et humanistes d’un socialisme des libertés : la touche Radicale.
Jacinthe
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Demain, le radicalisme
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Confondant la fidélité à l’engagement pris pour que la France ne soit pas exposée à un nouveau 2002, avec la chronique d'une mort annoncée, le parti socialiste s'est cru autorisé, sitôt consommée sa défaite à l'élection présidentielle 2007, à s'afficher en creuset d'une nouvelle gauche où viendraient se fondre, entre autres supplétifs, les radicaux de gauche.
Flairant un appétit de beaucoup de français pour une conduite de la politique qui, détachée de la compétition entre grandes machines à pouvoirs absolus, ne renoncerait pas aux solutions de la raison ou à la recherche des compromis, François Bayrou a pu déployer la critique du dévoiement de nos institutions, celle-là même qui est au cœur du discours des radicaux de gauche, avec d'autant plus d'aisance que ces derniers se trouvaient, par nécessité, occupés à la défense et à l'illustration du champion de l'une des deux formations qui prétendent, à elles seules, résumer la vie politique nationale (le PS et l’UMP).
On ne peut exclure que d'autres, à droite, aient imaginé un radicalisme de gauche soluble au premier zéphyr dans un grand bloc conservateur triomphant.
Tous, autrement dit, semblent trouver quelque mérite au radicalisme dans l'organisation de sa fin.
Clôture d'une longue histoire qui eût été pour le moins paradoxale, si l'on veut bien admettre qu'à ses extrêmes près, la société politique française n'a jamais autant qu'aujourd'hui emprunté à la vision radicale (La Renaissance de la France Civilisée du Président Sarkozy), dernièrement.
Après des dizaines d'années d'errance post-marxiste, les socialistes s'avisent enfin des mérites de la liberté d'entreprendre, sans encore avoir tout-à-fait compris comment l'assortir des méthodes et des espoirs du solidarisme.
La démocratie chrétienne new look du gentleman farmer palois trouve des vertus à la laïcité, sans pouvoir, bien sûr, en faire le socle d'un projet politique qui serait autre que tactique. On arrive même à discerner, dans les projets de l'UMP, certes de façon timide ou mal arrimée aux principes qui en assureraient la validité, un effort de lutte contre les discriminations ou la conscience de certains devoirs de solidarité (depuis cet écrit, est apparue la laïcité positive de N. Sarkozy, Président de la République !)
Parce qu'il reste encore énormément à faire, pour fonder sur le principe de laïcité l'égalité réelle au sein d'une société traversée de courants communautaristes, pour donner à tous les salariés, à travers la perspective de l'entreprise partagée, l'espoir d'un avenir dont les attraits ne se résumeraient pas à l'augmentation du SMIC et des petites retraites, pour reconquérir une justice fiscale mise à mal au prétexte de mondialisation, pour faire reculer tout risque d'excès de pouvoir par la réforme des institutions, pour donner à voir le dessin d'une société politique européenne et mondiale unie et solidaire, le temps des radicaux est loin d'être fini.
La nécessité sociale et politique du radicalisme doit être comprise de tous. Et d'abord, des radicaux de gauche eux-mêmes. Qui doivent en faire, par delà les péripéties d'un congrès, d'une campagne présidentielle ou de ses lendemains, l'axe prioritaire de leurs réflexions et de leurs débats. Ceux-ci sont proches et nécessaires. Et ne devront exclure, que ce soit par réflexe, préjugé ou présupposé, aucune des hypothèses permettant de garantir, avec la pérennité du radicalisme, celle du grand courant de pensée politique qui associe progrès social et liberté.
L'accord politique avec la sociale démocratie, nouvelle vesture probable du socialisme, est évidemment l'une de celles-ci. Lorsqu'il est conclu à des conditions qui les respectent, l'accord des radicaux avec les socialistes est loyalement appliqué par les premiers, l'élection présidentielle passée et les législatives présentes l'établissent.
Les radicaux de gauche n'auraient assurément aucune raison d'exclure la discussion avec le courant écologiste, non plus qu'avec des centristes de gauche issus de la démocratie chrétienne avec lesquels un certain nombre de vues sont partagées. Ou avec tous autres groupes, associations ou organisations capables de contribuer à donner vigueur au radicalisme de gauche, qui peut aussi, c'est une hypothèse, trouver dans ses propres forces les ressorts d'un nouvel élan.
Il serait peu compréhensible qu'ils n'explorent pas aussi la voie du dialogue avec la branche du radicalisme sise sur l'autre rive de l'abrupt fossé creusé par qui préférait la loi de la force à celle de la raison et du dialogue; en un moment où la nouvelle direction « valoisienne » semble prendre des distances avec le conservatisme languide qu'avait produit la trop longue et exclusive fréquentation de formations naturellement à droite. Et dès lors qu'il est bien entendu que l'objet du dialogue est tout le contraire d'un projet de renonciation aux valeurs du radicalisme de gauche, ou d'étape vers l'assujettissement à une autre puissance politique, fût-elle aujourd'hui triomphante. Le dialogue avec les valoisiens ne saurait prospérer hors la perspective d'un profond changement des conditions de fonctionnement de notre vie politique.
A l'heure des choix, qui s'annonce, les radicaux de gauche doivent retrouver toute leur liberté de réflexion, de dialogue et de propositions. Sereinement et sans aucune exclusive. Sans laisser à d'autres le monopole de l'ouverture ou l'initiative d'accords les contournant ou les ignorant, et sans se laisser déposséder par d'autres des valeurs qui ont fait leur identité. Tout simplement guidés par la volonté, au contraire de consentir à sa disparition, de hisser à nouveau le radicalisme au premier rang de l'action politique française, au nom des valeurs de progrès et de liberté, celles-là même qui, lorsqu'elles sont associées, reflètent l'idéal de la gauche.
(Editorial du bulletin RADICAL n° 500 du 31 mai 2007)
Rédigé par Bernard CASTAGNEDE le 07/06/2007
25 janvier 2008
LisaBuzz, le "robot critique" des blogs !
Jacinthe Le soir, certains vont au cinéma, d'autres au restaurant, d'autres les deux, d'autres regardent la télévision. Moi, j'écoute ma radio préférée en lisant et relisant Michel Crépeau, cet humaniste radical de gauche, l'exploit blogosphèrique de Jacinthe. Car oui, Jacinthe est à l'internet ce que Coco Channel fut à la mode, un exemple, un inspirateur, la grande grande classe. |
| Signé : LisaBuzz. |
Michel Crépeau, était et restera ...
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Eloge finement réaliste de Michel Crépeau, certes long mais jamais ennuyeux, celui-ci retrace et cisèle minutieusement :
- l’homme jovial, droit, intransigeant, épris de justice, de solidarité, de laïcité, d’humanisme et de liberté
- le maire, tout à la fois, proche des administrés de sa Cité et précurseur de l’écologie urbaine, innovateur et de Culture
- le Président des Radicaux, adepte de bon sens, de tolérance, d’un juste milieu qui passe par le Radicalisme, celui de Gauche, et non par le Centre mou
- d’un candidat à la Présidentielle qui fit connaître la modernité des valeurs de son parti, le MRG, et ainsi, ratisser et rassembler ces derniers pourcentages précieux à l’Union de la Gauche, la faisant basculer, de la sorte, vers le Pouvoir
- d’un député républicain et démocrate, ne laissant rien passer, surtout à ce qui puisse nuire aux plus faibles
- de ministre où fort de ses connaissances acquises, il excella, fit autorité et construisit
Ce discours, sans fioriture, nous apprend, avec précisions concrètes, le Grand Personnage Radical et Humaniste qu’il fut et restera.
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Assemblée nationale.
COMPTE RENDU
ANALYTIQUE OFFICIEL
Session ordinaire de 1998-1999 - 102ème jour de séance, 261ème séance
1ère SÉANCE DU MERCREDI 2 JUIN 1999
PRÉSIDENCE DE M. Laurent FABIUS
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ÉLOGE A MICHEL CRÉPEAU
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(Mmes et MM. les députés et Mmes et MM. les ministres se lèvent)
M. le Président - Existe-t-il une belle mort ? En tout cas, certaines sont clairement porteuses de sens. Lorsque le 23 mars dernier, quelques secondes seulement après qu'il eut interrogé le Gouvernement sur l'épargne populaire, Michel Crépeau s'est affaissé sur son siège, puis a été étendu, inanimé, au centre de notre hémicycle, ce fut la stupeur. Et quelques jours plus tard, un très grand chagrin lorsque nous apprîmes qu'il ne reviendrait pas à la vie. Michel Crépeau est mort ici, c'est-à-dire au cœur de la démocratie, c'est-à-dire chez lui.
Démocrate, républicain, parlementaire : ces trois mots formaient en effet sa devise. A dix-huit ans, il les avait déjà inscrits au fronton de sa constitution personnelle. Avec enthousiasme, comme pour tout ce qu'il faisait, il défendait les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Il n'était pas du genre à disserter de manière sombre sur la joie, il ne séparait jamais sa conviction et sa vie, il avait l'humanisme communicatif. Il portait passionnément les vertus de solidarité, de laïcité et de modernité, parce qu'elles contribuent à rendre l'homme meilleur.
Michel Crépeau, avocat, était le défenseur de toutes les causes qui font reculer l'obscurantisme. Radical, praticien du franc-parler, ce fils d'un inspecteur des écoles primaires, s'est battu toute sa vie pour l'égalité des chances et la justice sociale. Mendésiste, refusant les compromissions, il a contribué à refonder son parti. Après Gambetta, Clemenceau et Caillaux, héritier vigilant d'une part essentielle de l'idéologie française, adepte d'un juste milieu qu'il ne situait pas au centre, il incarnait un radicalisme authentique, inscrit dans l'épaisseur d'une histoire et d'un terroir. Tel était Michel Crépeau.
En 1981, il s'était lancé dans la compétition électorale au niveau le plus élevé, sans perspective immédiate de succès. Pourquoi ? Pour faire partager sa vision de la vie. Parce qu'il pensait que ce sont les utopies qui font bouger le monde. Au second tour, avec ferveur, il apporta, en homme du rassemblement de la gauche, près d'un million de voix à François Mitterrand qu'il ne cessa jusqu'au bout d'admirer. N'aurait-ce été que pour une seule des 110 propositions d'alors -l'abolition de la peine de mort-, il soutint vigoureusement son projet d'alternance.
Il fut un des ministres du gouvernement de Pierre Mauroy, puis du mien. A l'Environnement, où il excellait. Au Commerce et à l'artisanat, où sa connaissance des dossiers faisait autorité. Comme Garde des Sceaux, brièvement, où lui semblait aussi important de lutter contre les injustices que de construire la justice. Partout, loin des excès et des conservatismes, communiquant à tous cette confiance qui fait la force du sentiment républicain.
Michel Crépeau était l'homme d'un enracinement et d'un attachement. Un homme de l'Atlantique, né en Vendée, lycéen à Rochefort, étudiant à Bordeaux, inscrit et plaidant depuis un demi-siècle au barreau de La Rochelle. Au centre du quadrilatère qui relie Niort à Angoulême, Poitiers à l'Ile de Ré, au service d'une ville à laquelle il sut donner ses rêves. Pendant près de trente ans, Michel Crépeau fut l'artisan imaginatif de la transformation de sa cité. Il développa naturellement La Rochelle à son image : accueillante et conviviale, innovante et amicale. Il lui offrit une dimension culturelle et universitaire exceptionnelle. Il redressa les remparts, planta des arbres, pratiqua l'écologie communale avant beaucoup, multiplia, les chantiers et les travaux en faveur de la tranquillité, de l'art de vivre, créant des quartiers piétonniers, introduisant des véhicules électriques, mettant à la disposition de chacun les fameux vélos jaunes, instaurant la journée sans voiture, créant des jardins ouvriers, inaugurant le tri sélectif des déchets. TGV, bus de mer, Francofolies, musée maritime, tous les gouvernements se souviennent de son effervescence municipale qui faisait courir et s'essouffler des services de l'Etat qui n'en pouvaient mais... Michel Crépeau était un maire pour toutes les saisons, lui qui, se proclamant jacobin, savait que c'est pourtant près d'un clocher ou d'un mail, dans ce territoire qu'on s'est choisi et par lequel on a été choisi, que se font les réalisations concrètes pour l'épanouissement de chacun, là qu'on recueille les fruits d'une action, d'une gestion, d'une passion. Son œuvre, nous le savons, sera poursuivie.
Il était député de l'Aunis. Sa voix, son humour et sa verve résonnèrent souvent dans notre hémicycle. Il présidait une formation parlementaire qui n'était pas numériquement la plus grande. Qu'importe, il se chargeait de le rappeler lui-même d'une pirouette, relevant autour de la table de la Conférence des présidents qu'il était le seul à y représenter trois groupes, et estimant que, quitte à être plurielle, la partie de la majorité qu'il dirigeait ne devait pas l'être à moitié. Sous sa houlette ferme et débonnaire, les membres de son groupe savaient que, de temps à autre, leur parfaite harmonie n'empêchait pas leur totale autonomie ; celle-ci ne mettait cependant jamais Michel Crépeau dans l'embarras ou, si c'était le cas, son rire l'en débarrassait aussitôt. Il fut un grand parlementaire.
Michel Crépeau était éloquent. La vraie éloquence, celle qui n'a pas été détruite par le plan en deux parties et deux sous-parties, celle qui parle au cœur. Sens de la formule et de la répartie, la forme de son expression donnait une vigueur complémentaire à sa conviction. Il savait et montrait qu'un même amendement peut être à la fois juridiquement ciselé et défendu avec bonne humeur. Le rire était sa vérité et sa ruse, une sorte de masque de pudeur. Nous mesurions tous combien ses improvisations venaient de loin, et nous les admirions parce que, développées sur un ton qui empruntait à la fois à Guitry et à Arletty, elles sonnaient juste par leur authenticité. Nous avions compris que, chez ce militant de la synthèse constructive, l'œil ouvert sur les plaisirs de la vie et sur la beauté du monde, une partie du talent consistait à ne pas assommer l'allié ou l'adversaire par d'évidentes qualités intellectuelles, mais à mettre en avant, auprès de collègues et de collaborateurs, d'amis et d'électeurs, de non moins incontestables qualités de cœur. Ainsi avait-il mené son dernier combat, un combat de principe, contre ce qu'il considérait avec raison comme une dérive grave : les abus de la détention provisoire.
Force et douceur, fermeté sur les choix et absence de dogmatisme, souci de réconcilier sans transiger, d'apaiser sans affadir. Michel Crépeau organisait le mélange. Jouait-il "un" rôle ? Non, il assumait "son" rôle. Il savait que la réforme a besoin de révolte et de raison et ne reconnaissait qu'un seul arbitre : le suffrage universel. Président de son parti, membre du Gouvernement, élu local, son existence et son parcours s'inscrivent en faux éclatant contre cette idée reçue qui voudrait qu'un homme public soit loin de ceux qui l'ont élu. Proche du peuple, il aura constamment bien mérité de sa ville, du Parlement et de la République.
Michel Crépeau cultivait des fleurs bleues, d'azur comme le ciel de Charente qu'il aimait contempler chargé de nuages, gonflé d'iode et de vent, et soudain lumineux. Son jardin personnel s'ouvrait sur l'art, les bateaux, la mer. Comme Montaigne, il choisissait en toutes situations de "rester lui-même", cultivant une pensée libre qui, à travers des textes qu'il avait lui-même écrits, sut, au jour de son enterrement, envahir la cathédrale. Républicain modéré, mais pas modérément républicain, constamment européen, politiquement toujours droit, il aimait les gens et il était aimé d'eux. Ils furent très nombreux -beaucoup d'entre nous en étions- venus de tous les horizons, à s'incliner une dernière fois devant le catafalque de ce grand démocrate gentilhomme.
Mes chers collègues, voici quelques semaines, le cœur généreux de Michel Crépeau s'est donc arrêté. Il disait souvent : "Vivre, c'est marcher. Face au vent s'il le faut" ; et voilà qu'une bourrasque l'a abattu. Lui qui avait confié un jour à un de ses proches qu'il rêvait de partir comme Molière, lui, l'ami souriant, le parlementaire dans l'âme, il est parti, ici.
J'ai reçu de l'épouse de Michel Crépeau, à laquelle je souhaite dire ainsi qu'à sa famille et à ses proches notre peine très profonde, une lettre que je veux vous lire, car je l'ai reçue avec émotion et qu'elle nous est à tous destinée. "Je ne serai pas physiquement présente car je ne souhaite par revoir le haut lieu dans lequel la voix si particulière de Michel a résonné tant de fois et où elle s'est tue à jamais ce 23 mars. Je voulais simplement que vous sachiez qu'au moment où vous lui rendrez hommage, je serai près de lui avec un bouquet de roses de son jardin. Si cela vous est possible, j'aimerais que vous demandiez ce jour-là à chacun d'imaginer le petit cimetière de Saint-Maurice, à La Rochelle ; il repose sous un grand laurier et sur sa tombe sera gravée cette réflexion superbe qu'il avait livrée à Jean-Yves Boulic, en 1979, pour la rédaction du livre Questions sur l'essentiel : "J'accepte de mourir en tant qu'individu, dès lors qu'il me sera permis d'éprouver au jour de ma mort le sentiment d'avoir accompli ma part d'humanité. C'est à travers elle que je survivrai." (Mmes et MM. les députés, Mmes et MM. les ministres observent une minute de silence).
M. Lionel Jospin, Premier ministre - Par la voix de son Président, l'Assemblée nationale vient d'honorer la mémoire de Michel Crépeau. C'est avec beaucoup d'émotion que je veux associer le Gouvernement à cet hommage pour saluer le talent d'un orateur d'exception, la fermeté d'un engagement au service des valeurs de la République, l'intégrité d'un homme.
Tout homme vient d'une terre : nul n'est d'un seul pays. Chacun est un peu du terroir où il naît, de la ville où il grandit, du port où il s'attache, du pays qui en retour le choisit, de l'endroit enfin où il termine sa course.
Michel Crépeau est né à Fontenay-le-Comte, en Vendée. De ce pays d'indépendance et d'affrontements sans merci, Georges Clemenceau avait tiré un attachement farouche pour la liberté, la justice, la République. Michel Crépeau y vécut ses premières années, dans un milieu où la "République enseignante" de Jules Ferry était une tradition.
Lycéen à Rochefort, il s'approche de la mer. Etudiant en droit à Bordeaux, il retrouve l'océan. Il s'ouvre à l'esprit des lieux, s'imprègne des écrits de Montaigne et de Montesquieu. De ces années de formation, il gardera des guides -Voltaire, Diderot, Rousseau- et des amis -ceux du lycée de Rochefort. Jusqu'au bout, il aura été fidèle aux uns comme aux autres.
Inspiré par les philosophes des Lumières, Michel Crépeau fut un humaniste en politique. Dès l'âge de dix-huit ans, et pour un demi-siècle, il fut de toutes les luttes. C'est pour mieux porter l'héritage de Pierre Mendès France, celui d'une gauche "humaniste et radicale" qu'il fonda avec Robert Fabre, en 1972, le Mouvement des Radicaux de Gauche, dont il devint plus tard le président.
Son humanisme, loin d'être abstrait, était celui d'un homme pratique et fraternel, attaché à la ville qu'il avait choisie et qui lui avait témoigné puis renouvelé sa confiance. Un lien presque charnel l'unissait à La Rochelle, port de mer où il avait voulu fonder, sous la lumière de l'Aunis, son bonheur et celui des siens. L'attention chaleureuse qu'il portait à tous les Rochelais, au-delà des choix de chacun, témoignait de la profondeur de cet attachement. Cette ville qu'il aimait avec passion, il ne manquait jamais d'en prononcer le nom dans cette enceinte, pour en défendre les industries, en illustrer les initiatives, en accroître le rayonnement. Sans doute aussi pour en faire partager le goût.
Humaniste, il le fut aussi dans son souci, précurseur, de l'environnement. Par ce combat qu'il mena avant bien d'autres, Michel Crépeau soulignait le droit des générations à venir de jouir d'une nature dont l'homme n'est pas le propriétaire, mais seulement l'usufruitier. Les arbres qu'il plantait à La Rochelle, les vélos gratuits, les rues piétonnes, le véhicule électrique, la journée sans voitures : tout cela traduisait une façon de penser la ville autrement -une volonté de changer la vie.
Humaniste, il s'est engagé avec ferveur dans la construction européenne. Parce que l'Europe était d'abord, pour Michel Crépeau, ce plus grand pays, cette prochaine escale, ce lieu presque unique au monde où la paix est préservée, où la liberté -les libertés- sont respectées, où les droits de l'homme sont protégés. Parce qu'il ne voulait pas que ses petits-enfants, comme l'avait fait son grand-père, "pataugent à Verdun". Parce qu'il appelait inlassablement à bâtir "l'Europe d'un grand dessein", celle des travailleurs, celle des citoyens, celle de la culture.
Ainsi Michel Crépeau donnait à l'action politique tout son sens, qui n'était pas selon lui, "de conserver, pas seulement de gérer, mais de transformer la société, en la fondant sur l'imagination et les valeurs de l'homme".
La liberté, les libertés, la justice, l'égalité : telles sont les valeurs défendues par celui qui disait : "J'ai été garde des Sceaux pendant trente jours, avocat pendant trente ans". Avocat de la liberté, il défendait d'abord celle des consciences : la sienne propre, comme celle de chaque citoyen qu'il défendait souvent avec vigueur. Pour que la création soit libre de toute influence, pour que les créateurs soient exempts de pressions, il voulait dès 1973 que le ministre de la culture soit le "ministre de la liberté".
Avocat pour la justice, il fut des grands combats menés pour la défense de celle-ci contre la loi "sécurité et liberté", pour la réforme du code de procédure pénale. Il combattit pour l'abolition de la peine de mort comme pour la suppression des juridictions d'exception. Avec persévérance, il attira l'attention sur le sort des détenus comme sur les abus de la détention provisoire.
Avocat de l'égalité, il le fut dans la grande tradition républicaine. Celle de Joseph Caillaux, qui vit voter l'impôt progressif sur le revenu. Celle de Jules Ferry, dont il s'inspirait, encore récemment, pour plaider avec fougue l'égal accès de tous à l'Université. C'était une priorité de son action dans la cité dont il était le maire : il voulut faire de La Rochelle une ville universitaire, et y parvint -j'en fus. L'égalité devant la loi, pour Michel Crépeau, c'était aussi faciliter l'accès de chacun aux lois adoptées par la représentation nationale, grâce à un droit codifié et simplifié. L'égalité, c'était inscrire dans la Constitution la parité entre hommes et femmes : Michel Crépeau était intervenu dans ce débat avec vigueur, afin qu'en organisant "le bonheur sur terre, on n'oublie pas la moitié du ciel".
Nous en avons tous gardé le souvenir dramatique, c'est en ces murs que la voix de Michel Crépeau s'est éteinte. C'est ici, dans les couloirs et les travées de l'Assemblée nationale, qu'il a pleinement accompli sa passion de l'action politique -et, peut-être, trouvé sa vérité. Grand orateur, au discours souvent brillant, enflammé parfois, toujours animé d'une conviction sincère, il parlait sans notes, avec une aisance qui forçait l'admiration. Il restera dans nos mémoires comme un des grands parlementaires de la Vème République.
Cette voix du contradicteur ironique et coriace, de l'interlocuteur exigeant, était aussi, pour moi, celle d'un ami fidèle. Fier d'avoir été, dans les années 1970 et 1980, un des piliers de l'union de la gauche, il était depuis juin 1997 à la tête du groupe Radical Citoyen et Vert, d'où il faisait entendre, au sein de la majorité plurielle, une note originale, juste et forte.
A l'annonce que Michel Crépeau allait prendre la parole, l'un d'entre vous s'était une fois exclamé : "On va prendre le large !". Il voulait dire que l'on allait respirer un air plus vif, et le trait était juste. Pas seulement parce que Michel Crépeau évoquait avec bonheur, avec précision, toujours avec passion, l'avenir des chantiers navals, le développement de la flotte marchande, le métier des marins et des pêcheurs qu'il connaissait intimement, qu'ils soient de Vendée, de Rochefort, de Bordeaux ou de La Rochelle. Mais aussi parce qu'il réussissait dans ses contributions à vos travaux, à unir pragmatisme et hauteur de vue, simplicité des exemples et grandeur des fins ; parce qu'il gardait toujours "les pieds sur terre et le cœur dans les étoiles" (Mmes et MM. les députés, Mmes et MM. les ministres observent quelques instants de silence).
La séance, suspendue à 16 heures 30, est reprise à 16 heures 45, sous la présidence de M. Forni.
PRÉSIDENCE DE M. Raymond FORNI
source : assemblée-nationale.fr
24 janvier 2008
Temps de parole (TV) des partis politiques (en %)
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Crépeau :
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0.60% du temps de parole,
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en 1980.
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« Crépeau, c’est qui ? »
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27 ans plus tard ;
Temps de parole (source CSA – juillet/août/septembre 2007) recouvrant les journaux et bulletins d’Informations de : TF 1, Fr 2, Fr 3, Canal +, M6, LCI, BFM, i-Télé.
- Radicaux de Gauche : 728 secondes pour 7 députés (chiffre Ministère de l’Intérieur), soit 1 mn 44 sec/député. Et; 0.09 % du temps global CSA
Les 7 députés (sur 577) sont censés lui accorder : 1.21 %, mais ...
Le CSA à l’obligation de faire respecter la règle suivante :
- 1/3 au Président de la République + Gouvernement + collaborateurs
- 1/3 à la Droite
- 1/3 à la Gauche
Mais alors, ou situer l’imposture du MoDem ? A droite, puisqu’il est élevé sur les cendres de l’UDF.
L’application de ces quotas (3 tiers) fait apparaître que :
La Gouvernance dépasse de + 194 444 secondes, ces données règlementaires
La Droite n’atteint pas son quotas (- 149 326 secondes de temps de parole)
Si la demande de Mr Hollande (Président de la République + UMP) avait été retenue, cela aurait accordé – 11 779 secondes. Ce constat vaut une occasion de se taire à Mr Hollande.
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