25 janvier 2008
Michel Crépeau, était et restera ...
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Eloge finement réaliste de Michel Crépeau, certes long mais jamais ennuyeux, celui-ci retrace et cisèle minutieusement :
- l’homme jovial, droit, intransigeant, épris de justice, de solidarité, de laïcité, d’humanisme et de liberté
- le maire, tout à la fois, proche des administrés de sa Cité et précurseur de l’écologie urbaine, innovateur et de Culture
- le Président des Radicaux, adepte de bon sens, de tolérance, d’un juste milieu qui passe par le Radicalisme, celui de Gauche, et non par le Centre mou
- d’un candidat à la Présidentielle qui fit connaître la modernité des valeurs de son parti, le MRG, et ainsi, ratisser et rassembler ces derniers pourcentages précieux à l’Union de la Gauche, la faisant basculer, de la sorte, vers le Pouvoir
- d’un député républicain et démocrate, ne laissant rien passer, surtout à ce qui puisse nuire aux plus faibles
- de ministre où fort de ses connaissances acquises, il excella, fit autorité et construisit
Ce discours, sans fioriture, nous apprend, avec précisions concrètes, le Grand Personnage Radical et Humaniste qu’il fut et restera.
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Assemblée nationale.
COMPTE RENDU
ANALYTIQUE OFFICIEL
Session ordinaire de 1998-1999 - 102ème jour de séance, 261ème séance
1ère SÉANCE DU MERCREDI 2 JUIN 1999
PRÉSIDENCE DE M. Laurent FABIUS
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ÉLOGE A MICHEL CRÉPEAU
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(Mmes et MM. les députés et Mmes et MM. les ministres se lèvent)
M. le Président - Existe-t-il une belle mort ? En tout cas, certaines sont clairement porteuses de sens. Lorsque le 23 mars dernier, quelques secondes seulement après qu'il eut interrogé le Gouvernement sur l'épargne populaire, Michel Crépeau s'est affaissé sur son siège, puis a été étendu, inanimé, au centre de notre hémicycle, ce fut la stupeur. Et quelques jours plus tard, un très grand chagrin lorsque nous apprîmes qu'il ne reviendrait pas à la vie. Michel Crépeau est mort ici, c'est-à-dire au cœur de la démocratie, c'est-à-dire chez lui.
Démocrate, républicain, parlementaire : ces trois mots formaient en effet sa devise. A dix-huit ans, il les avait déjà inscrits au fronton de sa constitution personnelle. Avec enthousiasme, comme pour tout ce qu'il faisait, il défendait les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Il n'était pas du genre à disserter de manière sombre sur la joie, il ne séparait jamais sa conviction et sa vie, il avait l'humanisme communicatif. Il portait passionnément les vertus de solidarité, de laïcité et de modernité, parce qu'elles contribuent à rendre l'homme meilleur.
Michel Crépeau, avocat, était le défenseur de toutes les causes qui font reculer l'obscurantisme. Radical, praticien du franc-parler, ce fils d'un inspecteur des écoles primaires, s'est battu toute sa vie pour l'égalité des chances et la justice sociale. Mendésiste, refusant les compromissions, il a contribué à refonder son parti. Après Gambetta, Clemenceau et Caillaux, héritier vigilant d'une part essentielle de l'idéologie française, adepte d'un juste milieu qu'il ne situait pas au centre, il incarnait un radicalisme authentique, inscrit dans l'épaisseur d'une histoire et d'un terroir. Tel était Michel Crépeau.
En 1981, il s'était lancé dans la compétition électorale au niveau le plus élevé, sans perspective immédiate de succès. Pourquoi ? Pour faire partager sa vision de la vie. Parce qu'il pensait que ce sont les utopies qui font bouger le monde. Au second tour, avec ferveur, il apporta, en homme du rassemblement de la gauche, près d'un million de voix à François Mitterrand qu'il ne cessa jusqu'au bout d'admirer. N'aurait-ce été que pour une seule des 110 propositions d'alors -l'abolition de la peine de mort-, il soutint vigoureusement son projet d'alternance.
Il fut un des ministres du gouvernement de Pierre Mauroy, puis du mien. A l'Environnement, où il excellait. Au Commerce et à l'artisanat, où sa connaissance des dossiers faisait autorité. Comme Garde des Sceaux, brièvement, où lui semblait aussi important de lutter contre les injustices que de construire la justice. Partout, loin des excès et des conservatismes, communiquant à tous cette confiance qui fait la force du sentiment républicain.
Michel Crépeau était l'homme d'un enracinement et d'un attachement. Un homme de l'Atlantique, né en Vendée, lycéen à Rochefort, étudiant à Bordeaux, inscrit et plaidant depuis un demi-siècle au barreau de La Rochelle. Au centre du quadrilatère qui relie Niort à Angoulême, Poitiers à l'Ile de Ré, au service d'une ville à laquelle il sut donner ses rêves. Pendant près de trente ans, Michel Crépeau fut l'artisan imaginatif de la transformation de sa cité. Il développa naturellement La Rochelle à son image : accueillante et conviviale, innovante et amicale. Il lui offrit une dimension culturelle et universitaire exceptionnelle. Il redressa les remparts, planta des arbres, pratiqua l'écologie communale avant beaucoup, multiplia, les chantiers et les travaux en faveur de la tranquillité, de l'art de vivre, créant des quartiers piétonniers, introduisant des véhicules électriques, mettant à la disposition de chacun les fameux vélos jaunes, instaurant la journée sans voiture, créant des jardins ouvriers, inaugurant le tri sélectif des déchets. TGV, bus de mer, Francofolies, musée maritime, tous les gouvernements se souviennent de son effervescence municipale qui faisait courir et s'essouffler des services de l'Etat qui n'en pouvaient mais... Michel Crépeau était un maire pour toutes les saisons, lui qui, se proclamant jacobin, savait que c'est pourtant près d'un clocher ou d'un mail, dans ce territoire qu'on s'est choisi et par lequel on a été choisi, que se font les réalisations concrètes pour l'épanouissement de chacun, là qu'on recueille les fruits d'une action, d'une gestion, d'une passion. Son œuvre, nous le savons, sera poursuivie.
Il était député de l'Aunis. Sa voix, son humour et sa verve résonnèrent souvent dans notre hémicycle. Il présidait une formation parlementaire qui n'était pas numériquement la plus grande. Qu'importe, il se chargeait de le rappeler lui-même d'une pirouette, relevant autour de la table de la Conférence des présidents qu'il était le seul à y représenter trois groupes, et estimant que, quitte à être plurielle, la partie de la majorité qu'il dirigeait ne devait pas l'être à moitié. Sous sa houlette ferme et débonnaire, les membres de son groupe savaient que, de temps à autre, leur parfaite harmonie n'empêchait pas leur totale autonomie ; celle-ci ne mettait cependant jamais Michel Crépeau dans l'embarras ou, si c'était le cas, son rire l'en débarrassait aussitôt. Il fut un grand parlementaire.
Michel Crépeau était éloquent. La vraie éloquence, celle qui n'a pas été détruite par le plan en deux parties et deux sous-parties, celle qui parle au cœur. Sens de la formule et de la répartie, la forme de son expression donnait une vigueur complémentaire à sa conviction. Il savait et montrait qu'un même amendement peut être à la fois juridiquement ciselé et défendu avec bonne humeur. Le rire était sa vérité et sa ruse, une sorte de masque de pudeur. Nous mesurions tous combien ses improvisations venaient de loin, et nous les admirions parce que, développées sur un ton qui empruntait à la fois à Guitry et à Arletty, elles sonnaient juste par leur authenticité. Nous avions compris que, chez ce militant de la synthèse constructive, l'œil ouvert sur les plaisirs de la vie et sur la beauté du monde, une partie du talent consistait à ne pas assommer l'allié ou l'adversaire par d'évidentes qualités intellectuelles, mais à mettre en avant, auprès de collègues et de collaborateurs, d'amis et d'électeurs, de non moins incontestables qualités de cœur. Ainsi avait-il mené son dernier combat, un combat de principe, contre ce qu'il considérait avec raison comme une dérive grave : les abus de la détention provisoire.
Force et douceur, fermeté sur les choix et absence de dogmatisme, souci de réconcilier sans transiger, d'apaiser sans affadir. Michel Crépeau organisait le mélange. Jouait-il "un" rôle ? Non, il assumait "son" rôle. Il savait que la réforme a besoin de révolte et de raison et ne reconnaissait qu'un seul arbitre : le suffrage universel. Président de son parti, membre du Gouvernement, élu local, son existence et son parcours s'inscrivent en faux éclatant contre cette idée reçue qui voudrait qu'un homme public soit loin de ceux qui l'ont élu. Proche du peuple, il aura constamment bien mérité de sa ville, du Parlement et de la République.
Michel Crépeau cultivait des fleurs bleues, d'azur comme le ciel de Charente qu'il aimait contempler chargé de nuages, gonflé d'iode et de vent, et soudain lumineux. Son jardin personnel s'ouvrait sur l'art, les bateaux, la mer. Comme Montaigne, il choisissait en toutes situations de "rester lui-même", cultivant une pensée libre qui, à travers des textes qu'il avait lui-même écrits, sut, au jour de son enterrement, envahir la cathédrale. Républicain modéré, mais pas modérément républicain, constamment européen, politiquement toujours droit, il aimait les gens et il était aimé d'eux. Ils furent très nombreux -beaucoup d'entre nous en étions- venus de tous les horizons, à s'incliner une dernière fois devant le catafalque de ce grand démocrate gentilhomme.
Mes chers collègues, voici quelques semaines, le cœur généreux de Michel Crépeau s'est donc arrêté. Il disait souvent : "Vivre, c'est marcher. Face au vent s'il le faut" ; et voilà qu'une bourrasque l'a abattu. Lui qui avait confié un jour à un de ses proches qu'il rêvait de partir comme Molière, lui, l'ami souriant, le parlementaire dans l'âme, il est parti, ici.
J'ai reçu de l'épouse de Michel Crépeau, à laquelle je souhaite dire ainsi qu'à sa famille et à ses proches notre peine très profonde, une lettre que je veux vous lire, car je l'ai reçue avec émotion et qu'elle nous est à tous destinée. "Je ne serai pas physiquement présente car je ne souhaite par revoir le haut lieu dans lequel la voix si particulière de Michel a résonné tant de fois et où elle s'est tue à jamais ce 23 mars. Je voulais simplement que vous sachiez qu'au moment où vous lui rendrez hommage, je serai près de lui avec un bouquet de roses de son jardin. Si cela vous est possible, j'aimerais que vous demandiez ce jour-là à chacun d'imaginer le petit cimetière de Saint-Maurice, à La Rochelle ; il repose sous un grand laurier et sur sa tombe sera gravée cette réflexion superbe qu'il avait livrée à Jean-Yves Boulic, en 1979, pour la rédaction du livre Questions sur l'essentiel : "J'accepte de mourir en tant qu'individu, dès lors qu'il me sera permis d'éprouver au jour de ma mort le sentiment d'avoir accompli ma part d'humanité. C'est à travers elle que je survivrai." (Mmes et MM. les députés, Mmes et MM. les ministres observent une minute de silence).
M. Lionel Jospin, Premier ministre - Par la voix de son Président, l'Assemblée nationale vient d'honorer la mémoire de Michel Crépeau. C'est avec beaucoup d'émotion que je veux associer le Gouvernement à cet hommage pour saluer le talent d'un orateur d'exception, la fermeté d'un engagement au service des valeurs de la République, l'intégrité d'un homme.
Tout homme vient d'une terre : nul n'est d'un seul pays. Chacun est un peu du terroir où il naît, de la ville où il grandit, du port où il s'attache, du pays qui en retour le choisit, de l'endroit enfin où il termine sa course.
Michel Crépeau est né à Fontenay-le-Comte, en Vendée. De ce pays d'indépendance et d'affrontements sans merci, Georges Clemenceau avait tiré un attachement farouche pour la liberté, la justice, la République. Michel Crépeau y vécut ses premières années, dans un milieu où la "République enseignante" de Jules Ferry était une tradition.
Lycéen à Rochefort, il s'approche de la mer. Etudiant en droit à Bordeaux, il retrouve l'océan. Il s'ouvre à l'esprit des lieux, s'imprègne des écrits de Montaigne et de Montesquieu. De ces années de formation, il gardera des guides -Voltaire, Diderot, Rousseau- et des amis -ceux du lycée de Rochefort. Jusqu'au bout, il aura été fidèle aux uns comme aux autres.
Inspiré par les philosophes des Lumières, Michel Crépeau fut un humaniste en politique. Dès l'âge de dix-huit ans, et pour un demi-siècle, il fut de toutes les luttes. C'est pour mieux porter l'héritage de Pierre Mendès France, celui d'une gauche "humaniste et radicale" qu'il fonda avec Robert Fabre, en 1972, le Mouvement des Radicaux de Gauche, dont il devint plus tard le président.
Son humanisme, loin d'être abstrait, était celui d'un homme pratique et fraternel, attaché à la ville qu'il avait choisie et qui lui avait témoigné puis renouvelé sa confiance. Un lien presque charnel l'unissait à La Rochelle, port de mer où il avait voulu fonder, sous la lumière de l'Aunis, son bonheur et celui des siens. L'attention chaleureuse qu'il portait à tous les Rochelais, au-delà des choix de chacun, témoignait de la profondeur de cet attachement. Cette ville qu'il aimait avec passion, il ne manquait jamais d'en prononcer le nom dans cette enceinte, pour en défendre les industries, en illustrer les initiatives, en accroître le rayonnement. Sans doute aussi pour en faire partager le goût.
Humaniste, il le fut aussi dans son souci, précurseur, de l'environnement. Par ce combat qu'il mena avant bien d'autres, Michel Crépeau soulignait le droit des générations à venir de jouir d'une nature dont l'homme n'est pas le propriétaire, mais seulement l'usufruitier. Les arbres qu'il plantait à La Rochelle, les vélos gratuits, les rues piétonnes, le véhicule électrique, la journée sans voitures : tout cela traduisait une façon de penser la ville autrement -une volonté de changer la vie.
Humaniste, il s'est engagé avec ferveur dans la construction européenne. Parce que l'Europe était d'abord, pour Michel Crépeau, ce plus grand pays, cette prochaine escale, ce lieu presque unique au monde où la paix est préservée, où la liberté -les libertés- sont respectées, où les droits de l'homme sont protégés. Parce qu'il ne voulait pas que ses petits-enfants, comme l'avait fait son grand-père, "pataugent à Verdun". Parce qu'il appelait inlassablement à bâtir "l'Europe d'un grand dessein", celle des travailleurs, celle des citoyens, celle de la culture.
Ainsi Michel Crépeau donnait à l'action politique tout son sens, qui n'était pas selon lui, "de conserver, pas seulement de gérer, mais de transformer la société, en la fondant sur l'imagination et les valeurs de l'homme".
La liberté, les libertés, la justice, l'égalité : telles sont les valeurs défendues par celui qui disait : "J'ai été garde des Sceaux pendant trente jours, avocat pendant trente ans". Avocat de la liberté, il défendait d'abord celle des consciences : la sienne propre, comme celle de chaque citoyen qu'il défendait souvent avec vigueur. Pour que la création soit libre de toute influence, pour que les créateurs soient exempts de pressions, il voulait dès 1973 que le ministre de la culture soit le "ministre de la liberté".
Avocat pour la justice, il fut des grands combats menés pour la défense de celle-ci contre la loi "sécurité et liberté", pour la réforme du code de procédure pénale. Il combattit pour l'abolition de la peine de mort comme pour la suppression des juridictions d'exception. Avec persévérance, il attira l'attention sur le sort des détenus comme sur les abus de la détention provisoire.
Avocat de l'égalité, il le fut dans la grande tradition républicaine. Celle de Joseph Caillaux, qui vit voter l'impôt progressif sur le revenu. Celle de Jules Ferry, dont il s'inspirait, encore récemment, pour plaider avec fougue l'égal accès de tous à l'Université. C'était une priorité de son action dans la cité dont il était le maire : il voulut faire de La Rochelle une ville universitaire, et y parvint -j'en fus. L'égalité devant la loi, pour Michel Crépeau, c'était aussi faciliter l'accès de chacun aux lois adoptées par la représentation nationale, grâce à un droit codifié et simplifié. L'égalité, c'était inscrire dans la Constitution la parité entre hommes et femmes : Michel Crépeau était intervenu dans ce débat avec vigueur, afin qu'en organisant "le bonheur sur terre, on n'oublie pas la moitié du ciel".
Nous en avons tous gardé le souvenir dramatique, c'est en ces murs que la voix de Michel Crépeau s'est éteinte. C'est ici, dans les couloirs et les travées de l'Assemblée nationale, qu'il a pleinement accompli sa passion de l'action politique -et, peut-être, trouvé sa vérité. Grand orateur, au discours souvent brillant, enflammé parfois, toujours animé d'une conviction sincère, il parlait sans notes, avec une aisance qui forçait l'admiration. Il restera dans nos mémoires comme un des grands parlementaires de la Vème République.
Cette voix du contradicteur ironique et coriace, de l'interlocuteur exigeant, était aussi, pour moi, celle d'un ami fidèle. Fier d'avoir été, dans les années 1970 et 1980, un des piliers de l'union de la gauche, il était depuis juin 1997 à la tête du groupe Radical Citoyen et Vert, d'où il faisait entendre, au sein de la majorité plurielle, une note originale, juste et forte.
A l'annonce que Michel Crépeau allait prendre la parole, l'un d'entre vous s'était une fois exclamé : "On va prendre le large !". Il voulait dire que l'on allait respirer un air plus vif, et le trait était juste. Pas seulement parce que Michel Crépeau évoquait avec bonheur, avec précision, toujours avec passion, l'avenir des chantiers navals, le développement de la flotte marchande, le métier des marins et des pêcheurs qu'il connaissait intimement, qu'ils soient de Vendée, de Rochefort, de Bordeaux ou de La Rochelle. Mais aussi parce qu'il réussissait dans ses contributions à vos travaux, à unir pragmatisme et hauteur de vue, simplicité des exemples et grandeur des fins ; parce qu'il gardait toujours "les pieds sur terre et le cœur dans les étoiles" (Mmes et MM. les députés, Mmes et MM. les ministres observent quelques instants de silence).
La séance, suspendue à 16 heures 30, est reprise à 16 heures 45, sous la présidence de M. Forni.
PRÉSIDENCE DE M. Raymond FORNI
source : assemblée-nationale.fr
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