18 décembre 2007
Le père de l'Europe
Gaston Monnerville,
l’une de Grandes Figures du Radicalisme
de ce XXe siècle passée
1897-1991, petit-fils d’esclave.
Bachelier (1915)
Licencié en Droit (1918)
Avocat
Député de Cayenne (1932-1940) et (1945-1946)
Maire de Cayenne (1935-1940), puis de St-Céré (Lot) – 1964-1971 –
Sous-secrétaire d’Etat aux colonies (1937-1938), cette nomination fut violement critiquée en Europe.
Gaston Monnerville considérait, avant tout, les aspects politiques, mais n’envisageait guère les implications financières. De la sorte, comme tous les Radicaux de l’époque, il mettait « le mur de l’argent » responsable des dysfonctionnements dont souffrait la troisième République. Tous, ne virent pas qu’il faille réformer l’Etat en profondeur.
A la nomination de Pétain, il protesta à Vichy, puis devint Grand résistant, et sera chef de réseau maquisard (1939-1945), sous le nom de Saint-Just
En 1945, le désir de renouveau des français fut mal perçu des Radicaux.
Après guerre, il siégea à l’Assemblée consultative provisoire.
Ferma le bagne de Cayenne (1945)
Le Gouvernement provisoire de la République Française le chargera de codifier le statut de l’Outre-mer français (DOM).
Trop absent de Cayenne, G. Monnerville ne fut pas réélu, aux Législatives.de 1946.
Elu Conseiller de la République de Guyane (1946-1948)
Président du Conseil de la République – nom du Sénat, sous la quatrième République, rôle réduit - (1947-1958)
Sénateur du Lot (1948-1974) Elu le 26 avril 1959; réélu le 26 septembre 1965, fin de mandat le 5 mars 1974 (nommé au Conseil Constitutionnel)
Président du Conseil Général du Lot – implication prononcée – (1951-1970)
1953, pressenti pour devenir Président de la République, tant sa prestance était grande (Election par les Parlementaires), sa couleur de peau le privera de cet honneur ... ce qui le décevra de la France, sur le moment. A moins que ce ne soit les députés et sénateurs des deux Chambres, les acteurs de ce retournement ?
Président du Sénat (1958-10/1968). Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation.
Il joua un rôle important dans le retour du Général De Gaulle au pouvoir, et se rendit pour une rencontre-entretien sur les modalités de l’investiture et le respect de la Constitution (1958), avec celui-ci.
De Gaulle lui semblait plus Bonapartiste que Républicain. Et puis les votes des députés gaullistes avec ceux des communistes ont largement contribué à affaiblir un régime (la quatrième République) dont il dénonçait, cependant la faiblesse. Certes, de leur côté, les notables de la quatrième République défendirent leur parlementarisme.
Opposant au régime Gaulliste, il dénoncera les violations de la loi, le mépris de la Constitution par un « dictatorial » de Gaulle, plus que l’élection au suffrage universel et le présidentialisme.
En 1962, il s’opposera donc au référendum sur l’élection du Président de le République au suffrage universel et lâchera le mot de « forfaiture », à l’encontre de G. Pompidou, alors Premier Ministre.
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique (Sénat).
Il combat le projet de réforme du Sénat, projet rejeté lors du référendum alambiqué de 1969 (rénovation du Sénat, création de régions, en plus C. de Gaulle mit son poste de Président dans la balance, en cas de victoire du non) qui portait donc sur plusieurs questions !!!
Résultat du référendum de 1969 : Non 52,41 %
Quant à ce référendum de 4/1969, d’une monstruosité juridique encore plus lourde qu’en 1962, il fut. Son résultat rendit justice à tant de dérives autoritaires et de transgressions répétées de la loi, et fit chaud au cœur du Président du Sénat, pour l’opposition qu’il mena contre ce referendum qui prévoyait une refonte du Sénat. La résistance de G. Monnerville nous préserva, peut être, du pire ?
Tout comme de Gaulle évita-t-il la guerre civile, en 1958 ? De même que la Constitution de M. Debré, nous préserva, malgré tout, des excès d’un Général. Si imparfaite fut-elle, le temps prouvera son bon équilibre. 2007, et l’évolution de la société, lui vaut un toilettage qui reste à découvrir et analyser. Malheureusement, pour ce sujet important, la voix du peuple ne sera pas consultée par référendum ...
Frustré, il le sera de ne point devenir Président de la République, par intérim (1969) pour quelques mois seulement (Il venait de quitter la Présidence du Sénat, après les élections par tiers de 1968) ..., après le départ du Général qui avait fait de cette consultation, un plébiscite. Ce rendez-vous manqué avait le goût d’une revanche du Droit, de la loi sur l’autorité qui les bafouait.
A la scission du Parti Radical, en 1972 il optera pour le MRG, apportant sa caution à la démarche de R. Fabre et M. Crépeau.
G. Monnerville n’eut qu’une seule famille toute sa vie : le Parti Radical, de même que la Ligue des Droits de l’Homme.
Nommé Membre du Conseil Constitutionnel (1974-1983)
Chevalier de la Légion d’Honneur depuis 1947, à titre militaire, il sera promu Officier, en 1983. Rosette remise par F. Mitterrand.
Commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres (1985)
En 1993, Christiane Taubira repris la circonscription législative de celui qui sera son exemple en politique.
Gentil et serviable, mais intègre et d’une grande moralité, il fut incorruptible.
Doté d’une grande intelligence et ouvert d’esprit, il fut efficace et d’une autorité naturelle, il demeura, toute sa vie, au service de la République.
G. Monnerville est d’ailleurs la République incarnée. Sa mère, la France est intouchable, tant il se sentit, français avec du sang « noir ». Le respect des Libertés, de la dignité humaine, des minorités, du racisme et des Droits de l’Homme restèrent constamment en éveil, chez lui. Jacinthe.
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